FERMER

Johannes Legrense, Libellus musicalis de ritu canendi uetustissimo et nouo, c1460

Éditions modernes, CS IV, p. 298-396; Colorado Springs, 1981, A. Seay éd.

Chapitre II:i:11 :
Non in totum a proposito quidem arbitror alienum si cantus laicorum, quos discantus nominant figuratos aut mensuratos, non his subiacere legibus ecclesiasticis nec ab illis discerni posse demonstrem. Quippe qui nullis in locis propriis inchoare seu finire coguntur, nec per certas ac determinatas diatessaron et diapente species incedere, quin potius ad libitum et arbitrium ejus, qui componit illos et excogitat.

Il ne me semble pas entièrement hors de propos de démontrer que les chants profanes, qu'on appelle figurés ou mesurés, ne sont pas soumis aux règles [des chants] ecclésiastiques, ni ne peuvent se juger par elles. En effet, ils ne sont pas contraints de commencer ou de finir en des endroits déterminés, ni de procéder par des espèces certaines et déterminées de quartes et de quintes, mais [sont laissés] plutôt à la volonté et au jugement de celui qui les compose et les conçoit.
Chap. I:iii:9-10 :
Inquiratur ergo de vanis hujusmodi cantibus, quorum formam viri nequaquam ecclesiastici sed gentiles invenere primum et antiquissimi philosophi, non cujus toni sint quam tunc necdum erant isti tropi, non sic proti, deuteri, triti, seu tetrardi, cum nec in .D. gravi, nec in .E., nec in .F., nec in .G. teneantur finiri, non si plagales vel autentici, cum legibus autenticorum et plagalium sint minime subjecti, quin potius quaeratur in quibus constitutionibus atque diapason speciebus sint extructi.

On se demanderait donc en vain, à propos de ces chants, dont la forme n'a pas été imaginée au début par des ecclésiastiques, mais par d'anciens philosophes, de quel ton ils sont, alors qu'ils n'appartiennent à aucun trope, ni du protus, du deuterus, du tritus ou du tetrardus, qu'ils ne sont tenus de finir ni sur .D. grave, ni sur .E., ni sur .F., ni sur .G., ni s'ils sont plagaux ou authentes, puisqu'ils ne sont pas soumis aux lois des authentes et des plagaux ; il vaut mieux se demander quelle est leur constitution et de quelle espèce d'octave ils sont faits.

N. M.